L’énigme du Normandie

Une projection publique du film « Normandie, l’ombre d’un doute » s’est tenue au Musée national de la Marine, en présence du réalisateur Jean-François PAHUN, devant une salle comble. Ce documentaire est revenu sur l’incendie et le chavirage du paquebot Normandie, survenus le 9 février 1942 dans le port de New York, alors qu’il était converti pour le transport de troupes. L’enquête officielle conclut à un accident, thèse qui ne sera pas contestée ensuite, même si le mafieux Lucky LUCIANO revendiqua à un moment en être à l’origine.

Des décennies plus tard, sous l’impulsion de l’historien Daniel SICARD qui émet la possibilité d’un sabotage, Jean-François PAHUN rouvre le dossier. Il parvient à se procurer le dossier des enquêteurs du FBI et découvre qu’une enquête parallèle fut menée par les services de renseignement de l’US NAVY dont les conclusions données un temps comme disparues (!) devraient finalement être rendues publiques en octobre 2028, 86 ans après le drame…

Sur la base de troublantes présomptions, le film fait l’hypothèse d’un sabotage réalisé par une équipe d’espions allemands. Mais « l’ombre d’un doute » marquait le réalisateur quand il acheva le documentaire en 2020.

Depuis 5 ans, Jean-François PAHUN a continué ses investigations et il est venu les exposer en ce 18 février. Il a rassemblé un faisceau d’indices discréditant la thèse officielle : les incroyables incohérences dans la description du développement de l’incendie sur le Normandie, d’autres impossibilités au vu des contrôles de sécurité effectués le matin même du drame, des similitudes de modus operandi dans les incendies de sept navires – dont le Paris – tous construits à Saint-Nazaire, la présence d’un informateur germanophile aux Chantiers de PENHOËT, connaissant tous les systèmes de sécurité installés sur les paquebots, et le voyage d’un important agent nazi à bord, un dénommé DRECHSEL… connu du FBI.

Pour le réalisateur, ces éléments attestent d’un sabotage allemand d’envergure et son chavirage, malheureusement, a été la conséquence de l’intervention maladroite de pompiers peu familiers du navire.  Le Normandie aurait pu transporter jusqu’à 15 000 soldats vers l’Europe dès 1942…

Jean-François PAHUN conclut en disant que si son film de 2020 se termine sur une interrogation, une suite est en préparation car, désormais, le doute n’est plus permis.